samedi 21 janvier 2017

Sur mes pas en danse: Soufflé par "Last work"

L'oeuvre était attendue et à preuve, la nombreuse foule encore à la porte une dizaine de minutes avant l'heure officielle du début, suivi de la salle comble lorsque les lumières se sont éteintes après la présentation de la première. Attendue pour moi aussi et intérêt rehaussé par le visionnement du documentaire quelques jours plus tôt de "Mr Gaga" (maintenant à l'affiche depuis vendredi au cinéma Beaubien et que vous devriez aller voir).

Ainsi donc, le rideau se lève et nous découvrons une scène nue et tout en arrière une jeune femme qui court et qui le fera jusqu'à la toute fin, sans se préoccuper de ce qui se passera juste à côté d'elle. Chacun pourra y donner sa signification, mais pour ma part, aucune ambiguité, elle représente le temps qui passe, inéluctablement. Et sur ce symbole omniprésent, se présente d'abord un homme dont les gestes captivent et qui peu à peu s'accélèrent. Il sera suivi par d'autres et d'autres qui me fascineront aussi, personnages d'une nuit fort occupée. Ohad Naharin nous propose sa vision du monde, un plaidoyer tout en gestes si éloquents. Pour ma part, c'est un songe d'une nuit d'été que j'y ai vécu, un songe dans lequel les personnages mi humains, mi dieux se présentent dans différents attributs gestuels. Mes souvenirs se confondent, comme pour un rêve, après ses moments, mais encore quelques jours après, le message est imprégné en moi. Le chorégraphe veut nous exprimer sa vision de son monde, du monde et en fin de parcours, ses espoirs.

                               Photo de Gadi Dagon (Danse danse)

D'autres diront mieux que moi comment les trois tableaux se sont déclinés, comment les dix-sept interprètes ont réussi à rendre ses moments mémorables. Tant qu'à moi, je ne peux que témoigner que j'ai effectué une rencontre artistique mémorable qui me permet une réflexion sur ce monde toujours en mouvement.

mardi 17 janvier 2017

Sur vos pas en danse ? Les propositions des Maisons de la Culture de la ville de Montréal.

À chacun ses intérêts, ça, pas question de le contester ! Mais des intérêts, il y a ceux que l'on a et ceux que l'on pourrait développer. À ceux et celles qui m'interrogent, intrigués, sur mon intérêt pour la danse contemporaine, je ne sais que répondre, sinon, allez y voir et qui sait ? Je ne conteste pas qu'il faut développer une "connection", pas nécessairement cérébrale, surtout pas, serais-je tenté d'ajouter, pour apprécier. Avec le temps, le sens de l'oeuvre s'impose ou pas et pour moi, voilà le plus grand intérêt de se rendre à une représentation. Mais Robert, direz-vous, cela peut coûter cher ! Oui et non, vous répondrais-je. Pour découvrir des oeuvres de tout horizon, il est possible de le faire gratuitement, oui oui, gratuitement ! Il ne faut que se déplacer, un peu à l'avance, ou réserver en ligne pour obtenir ses billets pour l'une ou l'autre des propositions que les Maisons de la Culture de la Ville de Montréal nous proposent.

Pour les fins de ma démonstration, je m'en tiendrai à des oeuvres que j'ai déjà vu et qui sont présentées dans les Maisons de la Culture, pas trop loin de chez moi, mais si vous "surfer" sur le site dont le lien est donné tout en bas, vous pourrez y trouver des spectacles "plus proches de chez vous. Pour ma part, mon territoire se situe dans le nord-est de Montréal et voici quelques-unes de mes propositions.

D'abord, "Foutrement" de Virginie Brunelle à la Maison de la Culture culturelle et communautaire de Montréal-Nord, le samedi 4 février ou le jeudi 16 février à la Maison de la culture du Plateau Mont-Royal ou aussi, à la Maison de la culture Frontenac, le jeudi 23 février. Une oeuvre pour adultes sur l'infidélité, une oeuvre intense comme les jeunes adultes savent souvent nous le présenter. Une oeuvre qui m'avait marqué autant par les gestes que par le propos. Une des oeuvre d'une chorégraphe établie et qui partira en tournée, de par le monde, par la suite. Si c'est bon pour les autres, c'est surtout très bon pour nous.

                                                       Photo : Virgine Brunelle

Dans le même suite "intense", mais tout aussi intéressant, "Fuck it" et "Même sous la pluie j'étais heureux (en souvenir de Mohégan)" de Catherine Lafleur présentés à la Maison de la culture du Plateau Mont-Royal, le vendredi 10 février ou le samedi 29 avril à la Maison de la Culture de Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension (Le Prévost). De cette soirée, je m'en souviens encore pour la puissance déployée et il est, selon moi, impossible de rester indifférent devant ce déploiement de mouvements, parfois intrigants.


Dans un registre différent, celui de la danse contemporaine africaine, "Mozongi" de la compagnie Nyata Nyata (Zab Maboungou) et la description correspond assez bien avec mes souvenirs, "pièce pour cinq danseurs et deux percussionnistes, œuvre poétique du temps et de la mémoire, Mozongi (Retour) agit comme une physique du temps: le pas est poids et le poids est temps." Cet amalgame de danse et de percussion mérite le détour jusqu'à la Maison de la Salle de diffusion du Parc-Extension (tout proche de la station de métro Parc), le samedi 11 février à 16h00 et pas nécessaire d'aller chercher ses billets à l'avance (l'admission est libre).

Photo de Kevin Calixte

Ailleurs encore, "Prismes" de Benoit Lachambre à la Maison de la culture Ahuntsic-Cartierville, le vendredi 17 février ou le vendredi 24 février à la Maison de la culture Pointe-aux-Trembles. Une oeuvre "lumineuse", décrite fort justement comme suit, "Il s'agit d'une expérience intense, déstabilisante et jubilatoire, qui stimule et mystifie les sens!". Une oeuvre qui s'est méritée le prix de la meilleure oeuvre de danse à Montréal en 2014. Une oeuvre d'une chorégraphe qui sait mystifier et qui se doit d'être vue et revue.

Photo tirèe de La Presse et fournie par Montréal Danse

Une petite dernière d'une liste qui se pourrait être plus longue. "Dans ta tête et six peids sur terre" de de Maïgwenn Desbois et interprétée par Maïgwenn Desbois, Anthony Dolbec, Gabrielle Marion Rivard. Cette dernière, peur ceux qui ne le savent pas déjà est "la" Gabrielle du film du même nom. Une oeuvre émouvante dans laquelle la chorégraphe se fait accompagner par deux interprètes "différents", mais qui ne le resteront pas dans notre tête et notre coeur.

Photo de Sandra Lyne Bélanger

Une "tonne" de possibilités pour découvrir cette oeuvre, dont voici une courte liste:

Samedi 25 février (16h00) à la Maison de la Salle de diffusion du Parc-Extension
Samedi 11 mars à la Maison de la culture Ahuntsic-Cartierville
Mercredi 22 mars à la Maison de la culture Plateau Mont-Royal
Samedi 25 mars à la Maison de la culture Rosement-Petite-Patrie (salle Jean-Eudes)

Cinq oeuvres qui devraient faire en sorte que la danse vous "parle", vous impressionne, vous émeuve.

Pour plein d'autres propositions pour tout type de public: voici le lien

http://www.accesculture.com/calendrier?disciplines=61




dimanche 15 janvier 2017

Sur mes pas en danse: Un début d'année troublant à l'Usine C

Pour mes premiers en danse pour 2017 m'ont amené à l'Usine C pour la co-présentation de ce lieu de présentation avec Les Projets du 3e d'un programme double. Si je m'y suis rendu, c'était pour deux raisons, la première, Andrew Tay que je connaissais la notorioté dans le milieu mais dont je n'avais jamais vu de créations. La deuxième, l'affiche (présentée ici) qui présente les deux artistes de la deuxième partie et dont le regard d'Ellen Furey est venu m'interpellé "droit dedans moi" et sans appel.

                                          Photo: Yuula Benivolski

Voilà donc, je me retrouve dans un hall d'entrée fortement achalandé d'abord et une salle bien remplie ensuite pour découvrir deux oeuvres "performatives" avec plein de gens du milieu ( ceux de la danse contemporaine montréalaise).

Première partie, "You Can’t Buy It (but I’ll sell it to you anyways) SUCKA" d'Andrew Tay. La scène regorge de toutous très sages et de plein d'autres accessoires, sans oublier un androïde tout à droite. L'interprète-chorégraphe se présente simplement et entreprend une série de tableaux qui me surprennent. Si le sens du message m'échappe, l'audace, elle, me laisse pantois. Il y aura ces bandes déroulées qui nous invitent à lui texter "quoi faire". Il y aura bien des gens autour de moi qui prendront leur téléphone et qui s'activeront, mais, impossible pour moi de faire le lien avec ce qu se passe sur scène. Il s'exprime et se dévoile, mais le but de tout cela me reste inaccessible. Au final, une oeuvre abstraite dont le sens du propos m'aura laissé quelque peu dubitatif. 

Après une courte pause, avec "Light At The End Of The Tunnel 2.0", Alicia Grant et Ellen Furey prennent possession de la scène remplie d'accessoires (sans oublier bien d'autres derrières les rideaux) et venant, d'abord, tour à tour nous confronter du regard. Par la suite, elles nous présentent une suite de tableaux dans lesquels les deux interprètes se transforment, nous "manipulent" dans leur univers fort changeant. Pour ma part, j'ai été surtout troublé par ce tableau qui me ramène des années derrière avec le télé-théâtre, "Des souris et des hommes". Le tout se termine avec un tableau ambigu dans lequel les deux interprètes prennent possession d'un lieu et l'investissent par leurs mouvements lents et constants. 

Deux oeuvres qui tiennent plus de la performance que de la danse contemporaine. Deux oeuvres qui me sortent de ma zone de confort et d'intérêt. Deux oeuvres que me rappellent que trop d'accessoires me "cachent" les mouvements, sinon les intentions. 

samedi 14 janvier 2017

Sur mes pas au cinéma et en danse (bis): Une belle découverte que "La danseuse"

L'an 2017 en est à ses premiers balbutiements et moi en attente de mes premières sorties danse. Le septième art, pour une deuxième fois, en ce début d'année, me propose une oeuvre cinématographique qui porte sur ses pas qui dansent. En cette soirée nettement hivernale, mes pas m'ont amené vers ceux de "La danseuse" et l'amateur de danse et de septième art que je suis l'a bien apprécié. De cette danseuse, Loïe Fuller, d'une autre époque (début des années 1900), la réalisatrice, Stéphanie Di Giusto nous en présente une perspective éclairante pour une artiste restée dans l'ombre. Qu'est ce qui peut motiver un homme ou une femme à investir la scène pour s'y exprimer corps et âme jusqu'à y sacrifier sa santé ? Nous n'aurons pas une réponse très explicite à cette question, mais tout dans cette histoire nous permet de l'imaginer. Ce "driving force", alimentée par une enfance troublée et un besoin de présenter sans se révéler restera sûrement un objet de discussion. Il en reste que de cette histoire, j'en retiens celle d'une pionnière qui osera aller de l'avant et de faire différemment. Un film qui par ses scènes de danse captivera, non plutôt éblouira et les performances des principaux interprètes sont à la hauteur de cette histoire.



La danse, est à l'image de la vie riche de ses évolutions et de ses mouvements et "La danseuse" qui redéfinit les normes nous le rappelle avec éclat. Définitivement à voir.

jeudi 12 janvier 2017

Sur mes pas au cinéma et en danse: Subjugué par "Mr Gaga, sur les pas d'Ohad Naharin"

De la grande visite s'en vient en ville. En effet, dans quelques jours "Last work" d'Ohad Naharin et de la Batsheva Dance Company sera en ville grâce à Danse Danse. Et comme vous le savez déjà, de la grande visite, il faut s'y préparer. Par conséquent, nous étions convié, toujours par Danse Danse que je remercie au passage, dans les belles installations de la Cinémathèque (Note à moi-même: il faudra que j'y retourne plus souvent) pour assister à la projection de "Mr Gaga, sur les pas d'Ohad Naharin" de Tomer Heymann. C'est donc avec une salle remplie que Caroline Ohrt et Pierre Des Marais, "grands patrons" de Danse Danse nous accueillent, d'abord et que les lumières s'éteignent, ensuite. La première scène est "frappante" et met la table pour la suite. Il y a le chorégraphe qui "dirige" une interprète dans l'exécution d'un mouvement qu'elle doit répéter et répéter, jusqu'à obtenir le résultat voulu. Aussi bien en avertir les prochains spectateurs, cette scène ne laisse pas indifférent, la réaction des gens autour de moi en a éloquemment témoigné. Une fois cette mise en place faite, nous revenons dans le temps pour découvrir la jeunesse de ce chorégraphe qui dès son adolescence, images à l'appui, s'exprimait en gestes et en mouvements sans encore savoir ce qu'il adviendrait de sa vie.



Cet homme nous en découvrirons, les deux femmes de sa vie, son amour pour le mouvement et pour son pays, Israël. Chacun pourra y trouver son point principal d'intérêt, soit des extraits de ses oeuvres, soit des extraits de répétition, soit les différentes étapes de sa vie professionnelle (dont celle avec Martha Graham et Maurice Béjart) ou soit de ses démêlés avec les autorités de son pays. Pour ma part, ce qui a retenu mon attention est tout le défi (et les difficultés) du chorégraphe à exprimer ses intentions à ses interprètes, "à faire passer les choses du dedans vers le dehors", comme l'écrivait récemment Geneviève Letarte dans son texte intitulé "L'atelier invisible" (dans le plus récent numéro de la revue L'inconvénient). Elle même, artiste, réagissait au spectacle solo de Meg Stuart, "Hunter", présenté l'automne dernier à Montréal. Pour quiconque tente de communiquer, voilà un beau défi et c'est aussi le cas pour ce chorégraphe. Cette difficulté assumée par lui, nous est fort brillamment présentée par le réalisateur et m'a particulièrement rejoint. Et la première scène "frappante" connaît une conclusion "heureuse" en en tombée de rideau.

"Last work" sera présenté à Montréal dans un peu plus d'une semaine et si je me fie aux extraits présentés, les amateurs de danse, dont moi, ne devraient pas être déçus, ceux qui ont déjà leur billet, parce que les représentations semblent presque déjà à guichet fermé. Pour les autres, rien n'est tout à fait perdu, puisque ce documentaire sera projeté sur grand écran à partir du 20 janvier.

Toujours périlleux d'utiliser l'expression "plus grand que nature", mais là, aucune hésitation de ma part, Ohad Naharin par ce qui nous a été présenté, son humanité et son esprit créatif surtout, en est un bel exemple.

vendredi 30 décembre 2016

Sur mes pas au cinéma: "Médecin de campagne" humain et émouvant

Juste avant de me diriger vers les nombreuses oeuvres "oscarisables", mes pas m'ont amené vers une oeuvre proche de ce que je suis rendu, soit en fin de carrière. Jean-Pierre est un médecin de campagne, médecin comme il est difficile, sinon impossible, de comprendre le quotidien ici au Québec. Il est celui, dans son coin de pays, que tous connaissent et son verdict fait foi de parole d'Évangile. Il fait ses visites en début de journée dans la campagne environnante et reçoit dans son cabinet, par la suite. Il est de la vieille école et là, je dois avouer que je me suis reconnu en lui. Pourquoi informatiser ses dossiers quand son système les retrouve presqu'aussi vite ? Mais Jean-Pierre (tellement bien interprété par François Cluzet) est humain et la maladie a prise sur lui. Il a besoin d'aide et cette aids'incarne par l'arrivée de Nathalie (superbe et convaincante Marianne Denicourt), une collègue fraîchement diplômée. Maître des cantons, comment réagira-t-il ? C'est que nous aurons la chance de découvrir dans cette histoire sur fond de personnages du terroir, de magnifiques paysages et sur fond musical fort efficace.



Dans cette seule petite salle du Cinéma Beaubien, loin des espaces intergalactiques, j'ai été ému et surtout interpellé par les choix que nous devrons, un jour ou l'autre, faire. François Litli nous propose une oeuvre dont l'humanité se dégage sobrement, mais efficacement.

vendredi 23 décembre 2016

Sur mes pas au théâtre: "Nous habiterons Détroit", métaphore du monde d'aujourd'hui ?

En entrée de jeu, je serais tenté de prévenir les lecteurs de ce texte que je ne suis pas un grand connaisseur des figures de style, donc le terme métaphore pourrait ne pas être le bon, ni le meilleur pour décrire en un mot, la pièce "Nous habiterons Detroit" de Sarah Berthiaume présentée par la troupe de théâtre de l'Université de Montréal, avec la mise en scène de Emilie Jobin. Je dois indiquer cependant qu'avec les évènements tragiques des derniers mois en Europe, cette pièce me semblait une belle illustration des conséquences du déplacement forcé de populations. Et que cette pièce soit portée par des jeunes me semble une prise de position optimiste pour l'avenir.

                             

Si vous connaissez comme moi les déboires financières de la ville de Détroit, avec des quartiers entiers complètement dévastes et désertés, peut-être que la cause de cette situation vous est moins connue. Avec les premiers tableaux, nous arrivons à comprendre que de nombreux américains de race noire sont partis du Sud, fuyant le racisme et l'esclavage, pour tenter d'avoir une vie meilleure dans le nord du pays. Cette main d'oeuvre a été acceuillie comme une bénédiction par les usines en pleine expansion dans la ville de Détroit. Qui dit main d'oeuvre en usine, dit population dans des quartiers et pour la population blanche, inconfort face à l'arrivée de gens différents. Et l'inconfort se traduit par départ de la ville centre et période de détresse financière. Et quand les grands mécanismes financiers se mettent en marche et que les usines ferment, c'est la catastrophe et la pauvreté galopante suivies par la faillite d'une ville autrefois fort prospère. Faillite financière qui s'accompagne d'une faillite humaine accompagnée par de la violence et du désespoir.

Mais ne voilà tu pas que nous découvrons sur scène, des jeunes qui y arrivent par accident, constatent l'état des lieux et qui prennent position, "Nous habiterons Détroit". Et pour ceux qui pensent que cette pièce est de la pure fiction, doit-on leur rappeller qu'effectivement Détroit se relève et se réhumanise et des images fort éloquentes de cela a pu être vu dans le beau documentaire "Demain" de Mélanie Laurent et Cyril Dion (présenté sur nos écrans de nombreuses semaines plus tôt cette année).

Les dix interprètes, d'origines très différentes, (Paloma Arcos, Dominique Denoncourt, Fanny Giguère, Verena Hartleitner, Leïla Hizaoui, Ombeline Labaune, Antoine Lomba, Yasmine Mahjoubi, Laurent Sabaye et Antoine Vaillant), sont manifestement inspirés par le propos du texte de Sarah Berthiaume. Ils livrent une prestation qui, en entrée de jeu, a tout d'une chorégraphie fort en déplacement de chaises. Par la suite, les tableaux se succèdent à bon rythme, nous transportant d'un lieu à l'autre et ils franchissent le quatrième mur pour "menacer" les spectateurs ou leur apporter une marque d'espoir.

Au final, ce que le feuillet de la soirée présentait comme un "poème théâtral en hommage à une ville déchue qui renait tranquillement" peut s'avérer une illustration de ce qui se passe dans le monde actuellement. De ces populations fuyant la violence et les menaces et qui viennent chez nous, saurons nous, nous éviter un autre Détroit planétaire?