mardi 19 septembre 2017

Sur mes pas de superspectateur: titre gracieuseté de la revue Jeu

C'était le printemps dernier, un courriel me faisait une demande assez flatteuse, soit d'être l'un des sujets d'un article pour la revue "Jeu" dont le numéro 164 comporterait un dossier "Publics". J'y serais présent comme "superspectateur" en danse. D'abord surpris, ensuite flatté par cette invitation, je l'ai néanmoins accepté assez rapidement. D'autant qu'elle permettait de préciser, entre autres, mes origines de spectateur en danse. Pour cette rencontre avec Mélanie Carpentier (de la rédaction de cette revue et aussi collaboratrice au journal "Le Devoir"), je me suis quelque peu préparé à partir de ses indications. Il en reste que c'est un peu nerveux qu'à la rencontre, je me suis présenté, mais rapidement, je suis devenu à l'aise (merci Mélanie !). S'en suit, un bel échange bien rapporté et qui est inclus dans l'article "Lever de rideau sur quatre superspectateurs". "Drôle !", inhabituelle, mais surtout intéressante, cette situation qui amène les projecteurs sur ceux qui restent habituellement dans l'ombre.

Voilà donc pourquoi, mes pas m'ont porté en ce lundi, en fin d'après-midi, jusqu'à l'Espace Orange de l'Édifice Wilder, avec vue sur la rue depuis peu, pour assister au lancement officiel de ce numéro. À mon arrivée, plaisir quelque peu "groupie", je fais signer mon bout d'article par celle qui l'a fait. Le spectateur est heureux ! S'en suit une série de belles rencontres jusqu'aux moments plus officiels de l'occasion, débutant par l'introduction de la commissaire invitée de l'Agora de la danse, Frédérique Doyon. Raymond Bertin, nouveau rédacteur en chef de la revue, donne d'abord la parole à Raymond Bertin responsable du dossier "Public" de ce numéro 164, qui a son tour redonne la parole à Raymond Bertin, rédacteur en chef pour nous présenter les autres articles fort intéressants de ce numéro.  De cetre revue "Jeu" qui portait son regard sur le théâtre, le porte depuis peu sur la danse, à preuve pour ce numéro des articles de Johanna Bienaise ("À qui appartient ce geste ?") ou sur "L'Agora de Francine Bernier" de Guylaine Massoutre. L'amateur de danse que je suis est maintenant un abonné à cette revue et le restera.

Donc, pour découvrir ma "belle binette", version Mathilde Corbeil et mieux connaître l'amateur de danse que je suis, une seule façon, soit se procurer ce numéro (164) de cette revue.

                                          Illustration de Mathilde Corbeil sur le site de la revue Jeu

lundi 18 septembre 2017

Sur mes pas en danse: vers le "super méga continental"

C'était, il y a quelques mois. Sur les réseaux sociaux apparaissaient une invitation pour faire partie d'une aventure un peu folle, invitation qui m'avait été aussi relayée par une collègue de travail qui me sait amateur de danse. Cette invitation était de proposer ma candidature pour participer avec 374 autres danseuses et danseurs au "Super Méga Continental" de Sylvain Émard, coprésenté par le FTA et les fêtes du 375e de Montréal. Pour cela, il fallait mettre à l'agenda plusieurs heures de pratique par semaine sur plusieurs mois jusqu'aux jours J (du 15 au 17 septembre 2017). Moi, j'ai "passé mon tour", mais des hommes et des femmes de tout âge ont répondu "présent". Cependant, pas question de rater la présentation de "ce projet carrément fou", dixit le feuillet de la soirée, pour voir et applaudir ces hommes et femmes déterminés et engagés.  Pour ce faire, j'étais bien accompagné par entre autre mon petit-fils, qui a répondu présent en ce samedi soir. Et c'est unanimement que nous avons été ravis pour ce moment de danse collectif. En voici mon bref compte-rendu.

                                         Photo de Robert Etcheverry sur le site 375e de Montréal

Sur cette place du Festival déjà bondée à notre arrivée, une trentaine de minutes avant le début de la présentation, nous arrivons, ouf!, à trouver une bonne place pour bien voir. En avant programme, plein de tous jeunes enfants prennent possession, spontanément, de la place et nous présentent leur plus beaux mouvements. Le temps passe et les derniers spectateurs qui arrivent trouvent de moins en moins de place et doivent s'insérer dans les petits espaces restants. De l'opinion de mon voisin (et père d'une des jeunes interprètes), la foule est beaucoup plus nombreuse que les deux représentations précédentes. Le temps passe et le grand moment arrive avec les lumières qui s'éteignent. Sous les applaudissements, les 375 interprètes prennent possession de la place dans toute sa largeur et en avant la danse ! Chacun pourra avoir son idée de ce que peut être un continental, mais le chorégraphe nous en propose une version moderne et, selon moi, assez complexe, mais et surtout pleine d'émotions. C'est donc une suite de courts tableaux dans lesquels les interprètes s'expriment en gestes fort éloquents et surtout intenses. L'effort n'est pas seulement dans la diversité des mouvements, mais aussi dans l'énergie qu'ils demandent. Pour que je puisse l'affirmer, j'ai pu le constater de proche, en pouvant voir ces femmes et ces hommes aux sourires éclatants sur lesquels coulent leur sueur. Tellement "beau" et inspirant ce moment collectif, interprètes-spectateurs que la danse unit. La représentation terminée, le public est invité à se joindre à la danse, mais les grands-parents se doivent de ramener leur petit-fils. À la question, s'il avait aimé. Sa réponse fort positive, accompagné d'un sourire fort sincère a comblé son grand-père, d'autant qu'il a ajouté qu'il voudra bien nous raccompagner pour d'autres sorties-danse. Chemin faisant, nous avons la chance d'échanger avec deux des interprètes qui ruissselant de sueur nous parlent brièvement de leur expérience avec enthousiasme, large sourire à l'appui.

Voilà une belle occasion de faire de la danse une activité fédérative. À vous monsieur Émard et à toute votre équipe, comment ne pas vous en féliciter, pour l'idée d'abord, mais aussi pour le travail à long terme et de belle qualité à mettre sur une "scène" le Montréal de tout âge, d'aujourd'hui et d'antant, deux des interprètes avaient même un uniforme des Expos de Montréal (notre maire devait être bien heureux !). Impossible de ne pas imaginer ce que pourrait être la prochaine version de ce "Grand Continental" de ce chorégraphe, parce qu'il ne semble pas avoir de limite à son audace et son imagination.

jeudi 14 septembre 2017

Sur mes pas en danse: À l'Agora de la Danse pour un moment de création.

L'invitation était tentante, mais difficile à mettre dans l'agenda. Il aura suffi d'un peu d'effort pour que mes pas m'amènent jusqu'au Wilder pour un "Midi-Coulisses" avec Anne Plamondon qui présentera dans les prochains jours sa plus récente création, "Mécaniques Nocturnes" à l'Agora de la Danse, en tant que chorégraphe-interprète. Donc, moins d'une semaine avant la première, j'ai eu droit, avec une vingtaine d'autres personnes, à un moment de répétition-création. Ce moment, normalement d'intimité avec l'équipe de création, nous était offert, "gratis !".

                                         Photo tirée du site de l'Agora de la Danse

Au moment voulu, nous entrons dans la salle de présentation, passant par le hall d'entrée métarmophosé par son ouverture maintenant vitrée. Une fois, bien installés, nous découvrons l'interprète sur une scène avec des installations inhabituelles (de ma perspective) pour un spectacle de danse. Pas loin, nous découvrons l'oeil externe (Shawn Hounsell), dans les gradins, Marie Brassard et plus haut, Yan Lee Chan (éclairage) et Julie Brosseau Doré (production). Une fois, la mise en situation et les courtes présentations faites, le travail reprend et je peux apprécier pendant une trentaine de minutes le paufinage d'une partie de l'oeuvre. Cela s'est avéré, d'autant plus intéressant que nous avons eu droit à un extrait "tout nu" sans éclairage et musique, d'abord. Ensuite, avec l'éclairage et en bonus non prévu, avec la musique, nous revoyons l'extrait. Au début, l'interaction entre l'interprète et son oeil externe est bien évident, tous les gestes ne se valent pas et c'est dans le détail que la beauté émerge. Aussi, je constate qu'une transition peut s'avérer plus ardue que les deux mouvements qu'elle relie. J'apprends aussi que de ces mouvements, l'improvisation, "mon oeil" et que jusqu'à la fin, ils seront travaillés.

Dans la discussion qui suit, j'apprends aussi, entre autre, qu'avant "RUBBERBANDance", elle avait dansé avec les Grands Ballets Canadiens de Montréal, ce qui explique un des éléments présents sur la scène de l'oeuvre à venir. 

Un peu moins d'une heure fort intéressante et qui me dit que mon billet, heureux je suis de l'avoir et que le vôtre, vous devriez l'avoir. Et pour ceux qui voudrait pouvoir vivre ce moment, soyez attentifs et je vous propose de bloquer dans votre agenda l'heure du dîner du 5 octobre (pour Jose Navas). 

Voilà, une initiative fort intéressante de l'Agora de la danse (Frédérique Doyon) qu'il faut perpétuer. 

Sur mes pas au Festival Quartiers-Danses: "Lore" d'Anne-Flore de Rochambeau

Avec Anne-Flore de Rochambeau, interprète et chorégraphe, je ferai trois rencontres durant ce festival (Quartiers-Danses). D'abord, par le grand écran avec le court-métrage "Entrez dans la danse" dans lequel, elle et son collègue Kevin Lee, entrent en contact avec des hommes et des femmes par le mouvement et la danse. Rencontre humaine qui les transforme, les valorise, témoignages à l'appui.

Ensuite, lors de la présentation publique de "Lore" dans l'Espace culturel Georges-Émile-Lapalme. Soyez avertis, dans la suite, il sera question de rencontres. Pour cette oeuvre, présentée en première, le thème du lien entre de deux personnes qu'elle présente sur son site de la façon suivante, "explorant la nature sociale de l’individu, ses compositions reflètent les mécanismes inconscients qui caractérisent nos interactions." Pour "Lore", l'approche retenue est celle de la rencontre intime entre un interprète et un spectateur, rencontre qui sera multipliée dans le temps et dans l'espace avec les quatre interprètes.


                                          Photo de Hani Debbache tirée du site du Festival Quartiers Danses

Me voilà donc me dirigeant vers le lieu de présentation dans les corridors assez vides du métro Place-des-Arts. La présentation débutera dans une dizaine de minutes et le lieu de prestation semble bien vide de monde. Il y a bien cette femme qui ne semble pas avoir apprécié son passage près du lieu de présentation et qui conclue son passage par un juron tonitruant, mais sinon tout est calme, à part la fébrilité des interprètes. 

L'heure arrivée, il y a les présentations formelles, suivies par la mise en place des chaises, huit au total dont quatre seront occupées par les interprètes (Marine Rixon, Gabrielle Surprenant Lacasse, James Phillips et Marijoe Foucher) et des accompagnateurs tout autour (Kevin Lee et Stephanie Fromentin). En face d'eux, la chaise est libre et le public présent, de plus en plus nombreux, est invité à prendre place. Tous hésitent, sauf quatre jeunes femmes qui, déterminées, prennent place face devant l'un ou l'autre des interprètes. Il y a échange d'une petite fiche et d'une instruction verbale qui n'est pas audible pour les autres spectateurs. Il s'en suit un moment de danse juste pour la personne devant, mais aussi pour tous les autres spectateurs-observateurs, moi surtout, qui ne savent pas ou donner de la tête. L'interprète vient se rassoir et parle avec son vis-à-vis qui quittera pour aller vers la "meneuse de jeu" (Anne-Flore de Rochambeau) et parler dans un micro. Ce qui s'y dira, nous ne l'entendons pas non plus. Décidément, que de mystères ou de secrets, c'est selon !

Les chaises face aux interprètes redeviennent vides et il semble évident que d'autres spectateurs moins audacieux pourront s'y rendre. Moi, d'habitude audacieux en temps normal, je reste bien à ma place, immobile près d'une grosse colonne. État temporaire, puisque vers moi se dirige, d'abord le regard et le beau sourire d'une des interprètes (Marine Rixon) et elle-même juste après. pour une invitation qu'il m'est impossible de refuser. Et évidemmement, je l'ai acceptée avec grand plaisir. Je me retrouve donc sur cette chaise, face à elle, qui me remet une petite fiche bleue sur laquelle je découvre, un poème de quatre vers. Quatre vers dont est écrit les débuts (Une maison de /proche de/ dans /illuminée par /habitée par ) et qui se complètent par trois petits points (...), que moi je devrai compléter. Ce que j'ai fait, un peu pris au dépourvu avec l'inspiration du moment. Peu importe, elle, devant moi, m'écoute, semble touchée et inspirée par mes mots, pour ensuite entamer une danse qui manifestement me le démontre. Ce court moment fort intense terminé, elle revient s'assoir et me parle de sa vision de ce qu'elle vient de me danser, juste pour moi. Elle m'invite, si je le veux, à me diriger  là-bas, pour conserver les traces orales de mon poème, invitation que j'accepte. Malgré ma mémoire qui de plus en plus me joue des tours, je réussi à me rappeller de mes quatre mots. Avec une certaine nervosité, sinon une nervosité certaine, je réussis avec une voix chevrotante et au deuxième essai (merci Anne-Flore !) à prononcer  "mon poème". Après cela, je reprends ma place (plus confortable) de spectateur.

C'est donc de cette place que je pourrai voir, par la suite, un public de tout genre prendre place. Jeunes, moins jeunes, un grand-père et son petit-fils (dans une poussette), une femme anglophone accompagnée qui comme moi, seront ravis de leur rencontre, pas besoin d'être bon observateur pour le constater. Le temps passe jusqu'au moment que les chaises sont mises de côté pour un tableau de danse de groupe. Belle conclusion englobante de cette oeuvre de danse.

Impossible de ne pas reconnaître la qualité de la proposition qui comme les Soeurs Schmutt (telle que "5 minutes avec ..."), va à la rencontre des spectateurs un à un. Et ce type de rencontre, je peux en témoigner fonctionne fort bien à rejoindre un public moins familier, une personne à la fois, avec la danse contemporaine. Pour moi, cela s'impose, elle devrait être reprise le plus souvent possible. Agents culturels, soyez en informés !

De mon côté, je me prépare pour la troisième rencontre à la Cinquième Salle de la Place des Arts pour son solo, "Fadeout", présenté le lendemain.






mardi 12 septembre 2017

Sur mes pas au Festival Quartiers Danses: des courts-métrages sur la danse qui ravissent et émeuvent

Pour ma deuxième partie de ma première sortie au Festival Quartier-Danse, c'est à la Cinémathèque Québécoise que mes pas m'ont porté. Au programme, treize courts-métrages qui sont chaleureusement présentés par un des responsables de l'endroit. La salle est fort confortable et le siège bien choisi, alors en avant la projection. À l'image des oeuvres au programme, je tenterai de faire "court". Exercice difficile, puisque chacune des oeuvres mériteraient que je m'y attarde.

En entrée de jeu, "Entrez dans la danse" de Julien Tourigny-Gagnon nous présente un aspect moins connu de ce Festival, soit la médiation culturelle qui se fait, elle, à l'année. Nous découvrons les bienfaits d'un atelier auprès de femmes et d'hommes avec le Projet Danse Communautaire à l'organisme Rêvanous. En images et en témoignages fort touchant, nous voyons comment des hommes et des femmes semblent revivre grâce aux interventions de Anne-Flore de Rochambeau et Kevin Lee. Voilà, comment il est possible de faire du bien, une personne à la fois.

                                      Photo de Julien Tourigny-Gagnon de "Entrez dans la danse" tirée du site Quartier-Danse

Il s'en suit, des courts de trois à onze minutes. J'en retiens quelques-uns. "Inner Smoke" de Kim-Sanh Châu et Ray Lavers qui surprend et qui nous présente de belles images intrigantes du Vietnam. Le déstabilisant "Stillness Speaks" de Charmaine Leblanc et Marlene Millar qui se présente comme "un poème visuel" et qui met sur grand écran la toujours très présente Carol Prieur. Le tout se termine par cinq oeuvres, trois minutes chacune, de Michael Slobodian, "Passage", "IM.PROMP.TU", "Les mêmes yeux que toi", "Solo" et Tunnelvision" qui nous présente pour chacune, un personnage, homme ou femme, avec une texture cinématographique fort belle.

Enfin, selon moi, le plus beau, et qui devrait gagner le prix, "ABISMO" de Pablo Diconca qui nous présente une femme (Caroline Gravel) et un homme (Dany Desjardins) qui cohabitent avec acharnement sur un radeau. Ce radeau, il n'est pas très visible et nous avons l'impression qu'ils sont sur la surface fragile aqueuse. L'interprétation est intense comme peuvent le faire si bien ces deux interprètes. Et on retient notre souffle pour la fin !

Au final, une belle soirée de projections qui nous permet de découvrir les corps en mouvement magnifiés par la projection sur grand écran et modulés par le traitement des réalisateurs. Le programme complet, ici:
http://quartiersdanses.com/events/projection-de-courts-metrages-projection-of-short-films/

lundi 11 septembre 2017

Sur mes premiers pas au Festival Quartiers Danses

C'est aujourd'hui que débutait mon Festival Quartier Danse avec au programme deux oeuvres extérieures aux Jardins Gamelin d'abord et ensuite, tout proche, la projection de treize courts-métrages "danse" à la Cinémathèque Québécoise.

Le tout commence avec la présentation de "Struggle II" de Catherine Lafleur aveMathieu Campeau, Simon Fournier, Emilie Morin et Melina Stinson aux mouvements et Ludo Pin à la guitare pour l'atmosphère musicale. Comme la foule, le soleil se fait très présent, il est juste face à nous, éblouissant, derrière le lieu de prestation, mais pas question de se plaindre oh non ! Il faut juste être bien équipé d'un pare-soleil et moi, j'en ai un !


                                         Photo de Jackie Hopfinger tirée du site du Festival Quartier Danse

Donc, cette première oeuvre, il y a quelques temps, j'en avais vu la première répétition de la nouvelle mouture. De ces mouvements que j'avais vu se faire et se refaire sans ordre particulier, ils sont assemblés et organisés dans une pièce d'une trentaine de minutes fort bien réussie. Portant sur les relations de couple, de jeunes couples (selon moi), des relations grésillantes, intenses, des relations "oui, toi, non, moi" ! Une oeuvre qui se décline sur les différentes traductions françaises de la version "verbe" du titre, soit  lutter, se débattre, avoir des difficultés. La version "verbe" plus que celle "nom", parce que c'est dans l'action que ces deux couples interagissent. Les images fusent dans ma tête, "si ça va mal, peut-on en vouloir au ciel", "à changer de rôle, nous y perdons notre identité", pendant que les mouvements (et les sauts) sont puissants, exigeants, percutants. Il y avait parfois un léger décalage dans les duos, fort appropriés puisqu'il nous permettait de mieux apprécier les mouvements des quatre interprètes. Des relations à se "pèter la gueule", symboliquement, évidemment ! Tout cela, fort bien enrobé par l'accompagnement musical suivait le tout fort habilement. Une oeuvre présentée dehors qui a du punch et qui mériterait une place en salle et un plancher plus absorbant (pour les interprètes).

Petite pause et nous devons nous déplacer pour entreprendre le déambulatoire "Parking" de Milan Gervais avec Roxane Duchesne-Roy, Patrick Lamothe, Simon-Xavier Lefebvre, Jessica Serli. J'avais déjà vu cette pièce sur la rue St-Denis et le parcours était fort bien choisi. Cette fois, nous suivrons les interprètes qui feront un cercle sur la place. Voilà, un des défis, bien relevé, soit celui d'adapter l'oeuvre à son environnement. Mes "espions" m'ont dit que cela été aussi le cas lors de la présentation au Festival de théâtre de rue de Lachine. Donc, une oeuvre qui présente, elle aussi, deux couples, mais qui met les "projecteurs" sur l'un des deux qui vient de vivre un drame. La suite nous montre que ce qui est brisé peut être difficilement remis ensemble, malgré les efforts même extérieurs. Les cicatrices etles éclats nous sont dansées et c'est sur les pas au loin d'elle, que tout se termine. Cette histoire, je l'avais vu, mais adaptée pour ce lieu, elle m'est apparue différente et toute aussi intéressante. Une oeuvre accessible qui a captivé un public averti et aussi des gens qui passaient sur cette place publique. Important de mentionner, le dispositif des haut-parleurs mobiles qui accompagnent fort bien tous les tableaux.


                                         Photo de Denis Martin tirée du site du Festival Quartier Danse

Deux oeuvres, qui encore une fois, démontrent que l'on peut aller au devant du public et y prendre une belle place. Encore plein d'occasions en vue, il suffit de prendre connaissance du programme du Festival à l'adresse suivante: http://quartiersdanses.com/. Pour ma part, je me dirige vers la Cinémathèque Québécoise pour la suite de ma soirée et sur laquelle, je reviendrai dans un prochain texte.

dimanche 10 septembre 2017

Sur mes pas en danse: Et un peu plus tout autant intéressant

Le samedi de ce début septembre se présentait assez beau, ensoleillé, assez différent de celui que vivra les citoyens de Floride avec l'imprévisible Irma. C'est donc sous la présence de ce beau soleil, entrecoupé de quelques épisodes nuageux que j'ai assisté aux premiers moments du "Le déambulatoire" sur la Place de la Gare-Jean-Talon (juste à côté de la station de métro Parc et d'un supermarché, précision utile pour expliquer la présence d'un public non-averti) présenté conjointement par "Les Escales Improbables de Montréal et ma maision de la culture de Villeray-St-Michel et Parc-Extension.

                                          Photo tirée du site de l'arrondissement

Au programme, cinq performances suivi d'un pique-nique musical, animée par Amélie Poirier-Aubry avec pour "dessert" "15x LA NUIT" de Fortier Danse-Création. De ce programme fort invitant, je ne pourrai apprécier que les trois premières performances parce que mes pas de spectateur devront se métamorphoser en ceux de coureur pour une course nocturne de quinze kilomètres, juste après. Voici donc mes impressions de la prestation des "Buffalo Hat Singers" (chants de pow-wow contemporain), Erika & Jimmy (Cirque contemporain) et de Louise Bédard Danse (danse contemporaine et, par conséquent, était la principale raison de ma présence).

16h00 sonne et quelques minutes après, se met en branle "Le Déambulatoire" avec au milieu de l'espace gazonné face à la Gare, quatre percussionnistes qui entourent un tambour et deux femmes (la mère et la fille mohawk de Kahnawake) tout en couleur habillées, le Buffalo Hat Singers. Les gens approchent, peu à peu et s'en suit des pièces musicales, des danses et des chants amérindiens. Impossible de rester insensible aux rythmes effrénés des pièces musicales. Bien présentée, je suis captivé par la danse du corbeau qui pour l'observateur avisé que je suis, fait fuir tous les pigeons qui étaient tout en haut du toit de la gare et qui, et oui oui, reviendront juste après. Le tout se termine avec un magnifique tableau durant lequel, les deux femmes utilisent fort habilement des cerceaux pour nous présenter des formes, des objets et des symboles provoquant de chaleureux applaudissements dans la foule toujours plus nombreuse.

S'en suit tout proche et en toute discrétion Erika & Jimmy qui débutent le tout sur un drap blanc, entouré de plein de spectateurs. En début de présentation, nous remarquons leurs corps exposés tout de blanc recouverts. La suite a plus les allures de danse que de cirque, mais peu à peu sans qu'on le réalise, l'oeuvre se modifie en celle de cirque, comme cette boule dont on découvre la présence. Pâte à modeler grise qui deviendra instrument de percussion, qui se démultipliera en objets de jonglerie ou se réunifiera en un masque. Pendant un des tableaux, les spectateurs devront, à tour de rôle, choisir entre regarder lui sur le drap ou elle qui se présente tout proche, à quelques pouces. L'effet, juste à côté de cette rencontre imprévue entre l'artiste et un jeune enfant, est fort réussi. Au final, une oeuvre de cirque contemporain, surprenante et fort appropriée dans ce lieu de présentation.

Il faudra se déplacer un peu plus loin sur un espace de pavés unis pour la suite et découvrir "VU-Vibrations urbaines" de Louise Bédard avec Marilyn Daoust, Jason Martin, James Phillips, Gabrielle Surprenant-Lacasse. Tout en osmose avec le lieu de présentation, près d'une rue qui irradait de son activité, le lieu de prestation regorge d'objets, ballots de tissu, petits bancs en bois, vieilles chaies en métal et cubes de bois de toute dimension. Les interprètes chacun de leur côté en ont un, objet, et peu à peu se déplacent, en gestes saccadés ("Bédard style"), comme pour accomplir une tâche, pour se rejoindre. Les objets se déplacent, les vêtements (d'elles) se changent comme cette ville en constante métamorphose. Si en début de prestation la physionomie des personnages semblent fermée, tout à leur tâche, arrive le moment charnière durant lequel, elle devient plus ouverte, souriante. Au final, voilà, selon moi, une oeuvre ambitieuse, sinon exigeante pour être présentée sur une place publique, devant un public moins habitué, mais qui, je peux en témoigner a captivé et a gardé immobiles les cinq jeunes enfants juste devant moi. C'était la première de cette oeuvre (habilement habillée de la musique de Diane Labrosse et Michel F. Côté) et en extérieur ou en intérieur, il faudra qu'elle soit représentée. 

"Le déambulatoire" se poursuit, mais moi, mes pas se doivent de me ramener à la maison, le coeur déchiré, question de revêtir mes habits de coureur.