lundi 27 novembre 2017

Sur mes pas en danse: "L'après" qui sort de l'ombre

L'invitation était fort tentante et surtout prometteuse avec des perspectives féminines qui faisaient émerger de l'ombre, les corps. Ce programme double, d'une grande cohérence de propos, présentait en première partie, "Corps étranger II" de Christine Germain, suivi par "Je suis la fille" de Geneviève C. Ferron.

                                          Photo de "Corps étranger II" par Lynne Fried tirée du site de Tangente

En ce dimanche après-midi, devant une salle pas assez remplie, les lumières se font d'abord discrètes pour laisser place à une obscurité saturée de notre attention. Et arrive de là-bas tout au fond, la forme qui se dévoile à la lumière. De ce début, je suis captivé et de cette lenteur fasciné. Tout est lent, mais cela me laisse le temps de me faire mon interprétation, mes images. Sur ces parties de corps, la lumière produit des effets qui rend ma perception indécise, mais exploratrice. Le corps, tout à coup, disparait pour laisser place à droite de la scène à deux autres corps surperposés qui à leurs tours nous entraînent dans une lente et mystérieuse métamorphose. La suite nous présente une redéfinition des relations corporels. Il faudra prendre l'oeuvre avec patience et grande attention pour en faire notre interprétation. Christine Germain, accompagnée par Sonshèree Giles et Joyce Lu, nous laisse toute la marge de manoeuvre sur le sens de l'oeuvre avec le temps pour le faire, grâce aux habiles et fins éclairages de Heather Basarab. De ce "Corps étranger (II)", je retiens que sur un fond d'ombre, d'habiles éclairages peuvent permettre de nous "raconter notre propre histoire".

Après une pause qui aurait pu ne pas être, compte-tenu de la filiation du propos. "Je suis la fille" de Geneviève C. Ferron nous entraîne dans une suite de mouvements bien amenés par Gabrielle Surprenant-Lacasse et Anouk Thériault, fortes de leur grande présence sur scène. La dualité féminine, toute synchronisée, se ressent avec intensité par la répétition des mouvements qui jamais ne lasse. La qualité du propos est appuyée par les éclairages tout subtils de Öykü Önder. De ce propos annoncé, "une mère, une fille", l'homme que je suis, s'en est senti inclu, moi père de filles. 

Lorsque mes pas m'amènent à une soirée de Tangente, je veux pouvoir être touché personnellement avec une marge de manoeuvre pour en faire mon interprétation. Et de ces propositions fort cohérentes, ce fût le cas. 

1 commentaire:

  1. Merci pour cette critique positive! Juste un petit mot pour dire que le crédit de la photo présentée pour Corps Étranger va à Lynne Fried et non Éric Gillet.
    Merci.

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